Pour lancer un produit sur le marché ou étendre son activité au niveau européen, petites comme grandes ambitions ne peuvent pas être toujours financées par emprunt bancaire ou de la seule poche du dirigeant. L’étape de la levée de fonds pour développer l’entreprise est bien souvent inévitable. Quelle stratégie adopter en tant que jeune porteur de projet pour trouver des fonds ? Privés ou publics, organisations ou individus, les investisseurs peuvent prendre différentes formes : sur quels critères doit-on les choisir ?

« Avant tout, il ne faut pas rester seul, surtout au début ! », met en garde Jean-Michel Halm, Secrétaire Général du club de Business Angels Champagne Ardenne Angels. Les investisseurs pourront être des conseillers autant que des collaborateurs, car après leur entrée, leurs intérêts convergeront nécessairement avec les vôtres. Il faut donc les choisir avec discernement.

Privé ou public ?

« Plus une entreprise se développe, plus l’acteur public se désengage et devient moins intéressant en terme de soutien », résume Jean-Michel Halm. Selon le stade de la startup, il ne faut donc pas se tourner vers les mêmes aides publiques.

L’aide publique est en général plus adaptée aux très jeunes structures, lors de leur phase dite « d’amorçage». Certains fonds privés (régionaux, interrégionaux ou de proximité) sont aussi mis à contribution lors de cette phase. La BPI France (Banque Publique d’Investissements) est l’organe public le plus important. On peut également faire appel à une Aide à la Faisabilité ou à un Prêt Participatif d’Amorçage.

Du côté privé, on trouve tout d’abord l’entourage du porteur, puis parfois le crowdfunding qui permet d’opérer des petites levées de fonds. S’ensuit le possible renfort des Business Angels, des fonds régionaux de participations (semis publics), des fonds d’investissement de proximité (FIP issus de la loi TEPA) ou bien encore des FIRA (récemment constitués en regroupant plusieurs régions et avec le renfort de BPI France). Bref, en termes d’amorçage, de multiples solutions existent pour lever de 50 000 à 1 000 000 millions d’euros.

Développer et mettre son réseau à profit

« Une startup effectue souvent plusieurs levées de fonds au cours d’une phase, comme celle d’amorçage, avant d’être capable d’évoluer vers la phase suivante », indique le Secrétaire Général de Champagne Ardenne Angels. À mesure qu’un projet gagne en expérience et franchit les étapes, son réseau s’agrandit, et ce dernier est l’outil le plus efficace pour trouver des financements.

Il ne faut pas hésiter à se tourner vers des investisseurs déjà engagés dans le projet. Ils seront souvent prêts à donner un nouveau coup de pouce ou, à défaut, présenter de nouvelles opportunités au dirigeant. « Un Business Angel aura peut-être déjà travaillé avec des fonds régionaux, qui auront déjà collaboré avec des fonds nationaux… Partager son projet, c’est créer un effet boule de neige qu’il faut mettre à profit », explique Jean-Michel Halm.

Pour multiplier ses chances de rencontrer son futur grand actionnaire, il faut en parler le plus possible autour de soi et activer le bouche-à-oreille – mais ce n’est pas pour autant qu’il faudra intégrer dans votre capital tous les acteurs intéressés.

Ne pas choisir n’importe qui

D’une phase à l’autre, le taux de réussite de démarchage varie. D’après Jean-Michel Halm, il est de l’ordre des 10 % en phase d’amorçage ; en phase de capital risque, qui peut en effrayer plus d’un, il n’est plus que de 1 pour mille ; enfin, lors du capital développement, qui intervient lorsque l’entreprise a acquis une rentabilité et une taille rassurantes, il frise les 100 %.

Mais que l’on se trouve à l’un ou à l’autre stade, il faut toujours se montrer exigeant envers ceux qui désirent entrer au capital de votre startup. L’argent qu’ils apportent ne doit pas être leur seule caution : ces associés doivent être triés sur le volet, sur les mêmes critères que vous appliqueriez lors d’un entretien d’embauche. En tant qu’actionnaires, ils auront leur mot à dire sur des décisions importantes, et feront partie à part entière de l’équipe. Une mésentente, et c’est tout le projet qui peut être mis en péril.

Comme le résume Jean-Michel Halm : « choisir un bon investisseur, c’est se donner plus de chance pour la suite. ». Étapes charnières du développement, les levées de fonds requièrent patience, réseau et énergie. Elles peuvent être difficiles à mener, surtout en phase d’amorçage où le besoin financier est vital pour la survie du projet. Les structures comme la Technopole de l’Aube sont toutes désignées pour accompagner et conseiller ces jeunes entreprises, tout en mettant leur expertise et leur réseau à disposition. « Un choix qui ne coûte pas cher, mais qui peut rapporter gros ! », conclut le Secrétaire Général de Champagne Ardenne Angels.

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