Même pour la plus géniale des startups, la levée de fonds est quasi inévitable. Et cette étape est loin d’être gagnée, surtout lorsque le projet en est à ses débuts et n’est pas encore assez solide pour convaincre les grandes institutions financières. Heureusement, le prêt bancaire n’est pas la seule alternative : vos proches et votre réseau sont aussi là pour vous épauler.

La levée de fonds est une étape cruciale, qui arrive à un moment où l’entreprise a besoin d’effectuer des dépenses stratégiques et immatérielles (salaires, déplacements…) sans pouvoir démontrer que son modèle économique est viable aux banques susceptibles de le financer. Les Business Angels comme le Love Money sont deux alternatives de financement qui peuvent être une aubaine pour le jeune porteur de projet.

Love Money : des proches sur qui compter

Familles comme amis sont tout désignés pour croire en vous et peuvent représenter un apport de capital non négligeable. C’est un acte souvent désintéressé, qui n’implique pas d’avoir été séduit par le concept de la startup. En ce sens, explique Jean-Michel Halm, Secrétaire Général du club de Business Angels Champagne Ardenne Angels, « l’argent n’est pas apporté au projet mais à son dirigeant ». Ce dernier est donc libre de gérer ces fonds comme il l’entend, sans avoir à rendre de comptes à des investisseurs professionnels. Cette dimension altruiste permet également d’empêcher la dilution de l’entreprise via des prises de participation et des rachats de parts. Attention cependant à ne pas épuiser cette option trop vite : votre entourage n’a pas des ressources illimitées, et se montrera de plus en plus difficile à convaincre si vos actions ne portent pas leurs fruits.

Crowdfunding : le Love Money à distance

Le crowdfunding part du principe que l’on peut faire de grandes choses avec plusieurs petites contributions. « Le but est de raconter une histoire, de donner envie de s’impliquer », indique Jean-Michel Halm – comme pour le Love Money, mais en s’adressant cette fois à une communauté inconnue. Ces investissements sont également basés sur la générosité, et n’impliquent pas obligatoirement de prise de participation – le porteur de projet reste donc seul maître à bord. C’est donc une réelle opportunité pour une société en manque de moyens. Le Secrétaire Général du club des Business Angels le sait d’expérience : parmi les startups qu’il a accompagnées, une jeune entreprise de cigarettes électroniques a fait la plus belle levée de fonds d’une plateforme en récoltant 85 000€.

Business Angels : philanthropes et entrepreneurs aguerris

Quel meilleur soutien que quelqu’un qui a vécu les mêmes difficultés que vous ? Ces dirigeants ne recherchent pas seulement une défiscalisation. Ils sont avant tout séduits par la startup et son créateur. « Ils connaissent ces étapes et veulent faire de leur argent quelque chose qui fait sens, donner un coup de pouce », précise Jean-Michel Halm. Ils vont également s’impliquer dans l’ingénierie financière, en donnant des conseils sur la répartition du capital. « Ils n’ont aucune garantie qu’il y aura un retour sur investissement, et ils le savent. Il n’est pas rare qu’ils perdent de l’argent… mais c’est avant tout un engagement humain», résume le Secrétaire Général. De plus, lors d’un emprunt à la banque, il n’est pas possible d’engager plus de dettes que de fonds propres : en augmentant ces derniers, le Business Angel a donc un effet bénéfique sur le montant des prêts pouvant être contractés et sur les aides publiques susceptibles d’être appelées.

Mais Jean-Michel Halm met en garde : « L’argent ne fait pas tout : votre projet ne doit pas devenir un hall de gare ! ». Un Business Angel prend part au capital de l’entreprise et peut donc être décisionnaire : il doit être trié sur le volet, car c’est quelqu’un avec qui vous allez devoir travailler et vous entendre.
 
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